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Labastide Saint-Georges

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Au gré des balades, monuments historiques, patrimoine rural ou nature, sauront satisfaire les attentes des visiteurs...

Sur les rives de l’Agout

La bastide fut créée par Simon de Montfort sur la rive droite de l’Agout, en face de Lavaur, pour faire concurrence aux comtes de Toulouse, protecteurs des cathares et suzerains de la ville.
Elle fut bien une bastide, c’est à dire un village fortifié dont la première église dédiée à Saint-Georges, bâtie au XIIe siècle se situait sur l’emplacement d’un cimetière mérovingien. De ces temps reculés ne subsiste qu’un bénitier provenant de l’église romane. Il est en pierre et de taille imposante. On peut le voir, à travers les grilles, sous le porche de l’église actuelle.

On sait que Lavaur fut vaincue et devint le lieu du plus grand bûcher de la Croisade. La paroisse de Labastide dépendant du diocèse de Castres, l’évêque de cette paroisse vint édifier sa demeure sur les bords même de l’Agout, face à la résidence de celui de Lavaur.

La paix revenue, pendant des siècles, on a franchi les deux rives de l’Agout grâce à deux bacs en bois dont l’usage était payant et qui transportaient marchandises, charrettes, bêtes et gens.
L’idée d’un pont commença à prendre tournure dans la première moitié du XVIIIe siècle, à l’initiative de l’évêque de Lavaur. Sa conception et sa réalisation furent finalement confiées en 1771 (on était à la fin du règne de Louis XV) à un homme de l’art.

Monsieur de Saget, grand constructeur d’ouvrages en pays toulousain (canal de Brienne et Ponts Jumeaux), fut choisi pour réaliser le pont Saint-Roch qui permettrait de franchir commodément l’Agout.

Subventions royales, crédits des États du Languedoc, aboutirent à la pose de la première pierre le 5 octobre 1773. L’ouvrage fut terminé dix huit ans après en 1791. Une fois achevé, il demeura un exemple « pour plusieurs générations de constructeurs de ponts en France ». Dès l’origine, il s’annonçait comme un ouvrage révolutionnaire, bien que terminé une fois la Révolution commencée.

Le Pont Saint-Roch

Il était constitué d’une arche unique en anse de panier de 49 mètres d’ouverture, toujours en place, et il fut longtemps le plus grand ouvrage du genre, d’un seul tenant, en France. Il ne sera dépassé qu’en 1884, un siècle après, par la construction, sur l’Agout du pont de chemin de fer Séjourné sur la ligne Toulouse Castres Mazamet. Les deux ponts sur l’Agout en parallèle, ont constitué chacun en leur temps une prouesse technique.

Bien avant d’être inscrit aux Monuments historiques, le pont Saint-Roch a vu passer en mai 1814 les troupes napoléoniennes qui venaient de livrer la fameuse bataille de Toulouse, le mois précédent, contre les troupes anglaises de Wellington, le Duc de fer, qui les poursuivaient depuis l’Espagne. Bataille incertaine, inutile dans la mesure où Napoléon venait d’abdiquer.

Lorsque la commune, découpée en deux secteurs, construisit une nouvelle église plus proche de son centre, elle tint à commémorer l’événement par une inscription solennelle sous le porche d’entrée. Les caractères d’origine en sont toujours visibles : « MDCCXIV : du règne de Louis XVIII surnommé le Désiré, Mgr le Duc d’Angoulême, le 6 mai a passé la revue dans la commune de Labastide Saint-Georges d’une armée de douze mille hommes d’infanterie et de trois mille de cavalerie, assisté des maréchaux de France Soult et Suchet ».

Ces deux brillants maréchaux de France avaient pris part à la victoire d’Austerlitz. Le premier était chez lui dans le Tarn où il était né, fils de notaire, dans un village qui depuis a pris son nom : Saint-Amans-Soult.

A noter

La chance de Labastide-Saint-Georges a été d’être située au départ d’une large plaine bien tempérée où elle a pu s’étirer sur près de deux kilomètres, alternant les nouvelles constructions et les anciennes et passant ainsi du domaine rural au domaine semi-urbain, sans que son caractère champêtre et sa quiétude en soient altérés.