Buzet-sur-Tarn

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Une rivière, le Tarn, un pont suspendu qui fait pendant aux vestiges du seul pont qui exista pendant cinq siècles sur le Tarn entre Montauban et Albi, une église de briques du plus bel effet dont la tour octogonale, véritable tour de guet, s’élève à 41 mètres de hauteur, une allée bordée de beaux platanes et qui conduit jusqu’au poids public récemment restauré, et un parc de 72 hectares qui constitue le golf de Palmola, vous avez un aperçu d’ensemble des charmes et des atouts de Buzet sur Tarn.

L’esprit des lieux

Le village aurait été construit par les Arabes, puis brûlé, puis reconstruit sous la féodalité au IXe siècle, fortifié par Raymond VII, le dernier comte de Toulouse qui jura « les deux mains appuyées sur l’Évangile » que le château de Buzet avec ses dépendances resterait en son pouvoir « à moins que nous ne permutions, donnions ou échangions notre comté de Toulouse ».
Le passage à la couronne de France devait se faire à la mort de « la seigneuresse Jeanne » sa fille, épouse d’Alphonse de Poitiers, morte sans descendance, de retour de la VIIIe croisade.

D’être rattaché à la couronne du fils de Saint-Louis, Philippe III le Hardi, ne donna pas la paix à Buzet. Il fut sous le règne de Charles VI le Fol, le malheureux époux d’Isabeau de Bavière, la proie des attaques des Tuchins, les miséreux révoltés du Languedoc qui furent réprimés par le duc de Berry, puis la cible des Anglais et des partisans d’Armagnac, opposés à Toulouse qui avait pris le parti des Bourguignons.

La position stratégique de Buzet, seul passage des pays d’Albigeois et Rouergue, lui valût d’être un champ de bataille continuel. Après la guerre de Cent ans, eurent lieu les guerres de religion. Il fut d’abord occupé par Blaise de Montluc qui voulait couper la route aux protestants, puis il fut conquis par ces mêmes protestants avant d’être reconquis par les catholiques.
La première attaque protestante eut lieu pour Pâques 1563 où une armée partie de Castres et de Puylaurens s’empara de la place. Neuf ans plus tard, à l’automne 1572, après la Saint-Barthélémy, les huguenots étaient à nouveau à pied d’œuvre devant les murs de Buzet.

Agrippa d’Aubigné le raconte : « Rabastens fut failli, les eschelles estant courtes, ce qu’elles ne furent pas à Buzset, près Thoulouze pris par escalade, dont les habitants furent si bons compagnons qu’ils se firent tous tuer en se défendant ». Hommage ainsi est rendu au courage des habitants. Cinq ans plus tard, Buzet se retrouvait catholique et ne trouva de paix que sous le règne d’Henri IV.

Le Pont suspendu

Aujourd’hui, on peut, en flânant le long des rues de Buzet, percevoir ce que son architecture doit à l’esprit du Moyen-Age et de la Renaissance. Mais son plus ancien vestige reste bien les piles en briques de son pont primitif qui émergent de l’eau. Ce pont existait avant Raymond VII et miné par les crues, il s’écroula en 1718. Reconstruit en bois en amont, le nouveau pont résista un peu plus de deux siècles, mais fut mis hors d’usage par la crue de 1930 qui arriva jusqu’aux marches du château de Conques construit sur sa rive droite.
Le pont a été remplacé par un pont suspendu métallique avec un tablier en ciment au même endroit. En l’empruntant on peut accomplir une très jolie promenade sur une route qui passe devant le château de Conques, un beau château de briques du XVIIIe siècle, de style italien, qui appartient aujourd’hui au domaine privé et dont le nom proviendrait des moines de l’abbaye de Conques en Aveyron, venus les premiers défricher ces terres.

A noter

Un des golfs les plus luxueux de la région, le golf de Palmola, s’est installé à Buzet. Il tire son nom de la rivière qui traverse ses 70 hectares de green et d’arbres centenaires qui jalonnent un parcours de championnat de 18 trous, dessiné par un architecte anglais, Mickaël Fenn.