Belcastel

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Les habitantes et habitants de Belcastel sont très fiers de s’appeler des Belcasteloises et des Belcastelois, Belcasteleses en langue occitane, laquelle a toujours droit de cité sur ces terres voisines du Pays de Cocagne.

L’étymologie est là pour nous rappeler que Belcastel vient de Bel (beau) et de castel (petite place fortifiée) en souvenir du temps où en 1221 (Philippe Auguste le vainqueur de Bouvines régnant) on signalait en ces lieux la présence d’un château-fort.

Il ne reste aucun vestige du château primitif, détruit lors des guerres de religion entre protestants et catholiques, guerres qui furent aussi acharnées et calamiteuses que la répression du catharisme aux siècles précédents.
Mais, Belcastel mérite encore son appellation grâce au château qui fut bâti à la fin du IIè Empire à peu de distance de l’ancien pour les Lacoste, barons de Belcastel depuis le XVIIIe siècle, et dont le descendant devait épouser au XXè siècle une descendante de Désirée Clary, épouse de Bernadotte, maréchal de France sous l’Empire et roi de Suède.

De ses origines dans la campagne tarnaise à une dizaine de kilomètres de Lavaur, au milieu des côteaux et des collines des contreforts du Lauragais, Belcastel s’enorgueillit aujourd’hui d’un monument exceptionnel dans ce pays de briques et de tuiles : une église composée dans sa partie la plus ancienne d’une tour donjon en pierre de grès grises.
Les murs ont une épaisseur qui avoisine des deux mètres. La tour est ornée de deux gargouilles et d’un chemin de ronde. Du haut de ses vingt-deux mètres huit siècles d’histoire nous contemplent... Une tourelle d’angle contenant l’escalier à vis accompagne le clocher. La cloche principale qui porte les armes des seigneurs de Belcastel et deux médaillons représentant la Vierge et l’enfant et une cruxifixion date de 1518 (François 1er étant roi de France) ce qui en fait l’une des cloches les plus anciennes du département du Tarn.

La partie la plus récente de l’église, de style gothique comprend une nef unique formée de trois travées en continuité et un choeur à cinq pans orné de trois tableaux dont une copie du tableau de Sebastiano Luciani del Piombo (1507 1508) déposé au Louvre et qui fut offert par Napoléon III. Le sol du coeur et décoré d’une mosaïque représentant une croix avec les initiales SE, vraisemblablement, Saint-Etienne, saint patron de l’église, entouré par une frise de raisins, de rameaux de vignes et d’épis de blé. La porte intérieure de la sacristie est ornée du blason seigneurial du 15e siècle représentant un lion couronné et dressé. Cette porte est constituée de larges panneaux de bois assemblés à l’aide de clous forgés à tête en forme de "T" ou en "fleur", selon une technique très ancienne, déjà en usage à l’époque gallo-romaine, la pointe de ces clous est recourbée sur la face arrière de la porte.

L’église Saint-Etienne de Belcastel dont l’aspect général rappelle un peu celui du choeur-porche de Villefranche-de-Rouergue reste donc le témoin magnifique et irremplaçable d’une activité spirituelle qui n’a jamais déserté les lieux comme en témoigne la grande croix en fer forgé, dressée sur la place du village. Elle fut érigée en 1816. Elle est riche en objets symbolisant les différents moments de la Passion du Christ. Elle témoigne d’un beau savoir faire et d’une certaine manière elle célèbre le retour à la royauté restaurée des Bourbon.

A noter

A l’ombre tutélaire de l’église, on peut, à Belcastel, oublier les ombres et lumières du passé pour ne garder en mémoire que la saveur d’un présent champêtre qui invite à la flânerie dans un décor à la douceur toscane.