Azas

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La seigneurie d’Azas, qui faisait partie primitivement de celle de Saint-Sulpice et des domaines du Comte de Toulouse, puis de Sicard Alaman, s’est signalée très tôt dans l’histoire par l’étendue des libertés accordées à ses habitants. Ils jouissaient d’un droit de refuge dans le fort et du privilège d’être administrés dès 1301 par des consuls qui exerçaient la police et qui délibéraient sur les affaires communes avec les prud’hommes assemblés sur la place.

Aujourd’hui subsistent des maisons estampillées du XVIIIe siècle et qui portent encore sous la forme d’arcades incluses dans les façades les traces des anciens passages couverts du Moyen-Âge.

La douceur toscane

À l’extrémité ouest du village, le nom du lieu dit « Castelfort » rappelle la présence de l’ancien fort entouré de parois, fossés, galeries, ravelins, guérites et autres fortifications, espace clos où se réfugiaient les habitants en temps de guerre.

Azas, adossé au département du Tarn, en limite du pays toulousain, situé entre le Frontonnais, le Gaillacois et le Lauragais, est implanté sur une ligne de crête et bénéficie d’un magnifique panorama dans la direction de Montpitol et de Verfeil, qui fait penser à la douceur des collines toscanes, d’autant que la grande demeure du XIXe siècle qu’on appelle le Castelfort est entourée de deux grands pins parasols qui prolongent le sentiment de baigner dans un climat méditer-ranéen.

Azas a su trouver sur place des solutions originales pour se renouveler et perdurer par-delà les guerres de religion qui l’ont affecté.
Le long du chemin qui va du village au fort, dans un champ appelé « En Vernières » fut bâtie au XVIIIe siècle une nouvelle église en remplacement de celle située dans un lieu trop marécageux qui avait succédé à Notre Dame de la Nauze, incendiée en 1569 par les troupes protestantes.

La reconstruction de l’église Saint-Martin se fit avec des matériaux anciens, comme il était d’usage à l’époque, et le cimetière lui-même déménagea ses pierres tombales et ses morts, là où nous le voyons aujourd’hui. L’église Saint-Martin, bâtie en façade en briques du pays, porte toujours dans son porche d’entrée les armes des Vedelly, seigneurs d’Ambres et donateurs du lieu.

La vie civile s’est organisée le long de la Grand’rue qui va de l’église au lavoir en passant par l’ancienne Mairie, surmontée d’un Campanile, et par le presbytère.

L’édifice le plus prestigieux est le château du XVIIIe siècle qui appartient au domaine privé. Il est dissimulé par d’importants bâtiments d’exploitation en briques anciennes, un mur d’enceinte typique du pays, de km de long qui entoure un parc classique de plus de 4 hectares, planté de chênes et de charmes. Un vieux pin parasol de 150 ans témoigne des premiers temps du parc.

Les chroniqueurs nous apprennent qu’il y a toujours eu à Azas le souci du bien commun. C’est ainsi que l’idée de l’établissement d’un bureau de charité remonte à 1693, sous Louis XIV, les consuls et autres prud’hommes décidant de taxer chacun suivant sa condition « à donner le grain pour en être du pain qui serait ensuite distribué aux pauvres les plus nécessiteux ». Des restaurants du cœur de l’époque ! Presque cent ans plus tard, à la veille de la Révolution, « le seigneur et baron d’Azas, Sénil, St-Agnan, Ondes, Sainte-Rustice, et autres places », conseiller honoraire en la cour du Parlement de Toulouse, institua à son tour un bureau de charité « pour le bouillon des pauvres malades habitant sur sa terre d’Azas ».

La campagne environnante se caractérise par de grands espaces naturels où se côtoient vallons et vallées, bois et cultures polychromes, parsemés de métairies isolées, les unes en exploitations céréalières ou d’élevage, les autres rénovées en résidence, et de maisons dites de maître en densité étonnante.
La diversité de patrimoine rural et architectural invite à la promenade en toute quiétude à travers les ruelles du village et à découvrir le poste de pesage, le lavoir, les façades des maisons anciennes, les calvaires, les nichoirs en terre cuite et les pigeonniers.

A noter

Armand Guibert « citoyen du monde »

Armand Guibert est né l’année même de la mort de Cézanne, le 11 mars 1906 ici, à Azas où il fut enterré, à quelques mètres de sa maison natale. Anonyme parmi les anonymes, après avoir parcouru l’Europe et l’Afrique et avoir été reconnu par l’intelligentsia de son temps pour ce qu’il était : un grand intellectuel, un citoyen du monde auquel la France, entre autre, doit d’avoir découvert à partir de 1960 Fernando Pessoa, gloire nationale littéraire au Portugal.